
|
L'année 2008 a marqué le centième anniversaire de la mort de Nicolas Rimsky-Korsakov (1844-1908). Ce musicien est à la fois trop et mal connu. Cet artiste dont on vient très à propos de rééditer les mémoires, parus sous le titre de Chroniques de ma vie musicale est le musicien des conte de fées, un naïf intuitif et génial qui demeure toujours aussi peu compris du public, malgré le succès de Shéhérazade, du Capriccio espagnol, de la Grande Pâque Russe.
Mais songeons que ces trois pièces symphoniques ne sont qu'une parenthèse dans la production lyrique de Rimsky-Korsakov qui écrivit 15 opéras dans la majorité sont de véritables chefs-d'oeuvre. Mais Rimsky a eu la malchance de ne pas être de son temps, de ne pas utiliser le réalisme qui était à la mode à la fin du siècle dernier, ni de chercher à rénover la musique (et pourtant sans lui son élève Stravinsky n'aurait probablement jamais composé le Sacre !). On l'a accusé d'être trop académique, et d'avoir corrigé le Boris de Moussorgsky (qu'il a pourtant sauvé de la disparition !), ou encore d'écrire des opéras sans profondeur (!) parce que ce n'étaient que des contes de nourrice... En réalité Rimsky-Korsakov est encore un musicien découvrir.
(Portrait à l'huile par Repine) Rares sont les musiciens qui ont consacré l'essentiel de leur oeuvre a chanter et exalter leur patrimoine national et particulièrement dans le cadre de l'opéra. Tout le monde reconnaît à Wagner le génie d'avoir exalter les mythes germaniques et scandinaves dans ces œuvres. De ce point de vue, on ne peut lui trouver en Europe qu'un seul rival : Rimsky-Korsakov. Cela peut surprendre, car d'ordinaire, le génie du compositeur russe est plutôt associé à des opéras chatoyants comme le Coq d'or et de brillantes pages orchestrales, comme Shéhérazade, inspirés par l'Orient des Mille & Une Nuits.
( Le Jardin de Shéhérazade, tableau virtuel ) Mais en y regardant de plus près, on s'aperçoit que Rimsky-Korsakov a réellement, à l'instar de Wagner, embrassé du regard tout l'univers des slaves et leurs principaux mythes et ce à travers une série d'opéras, sans équivalents, évoquant aussi bien Ivan le Terrible et la vieille Russie médiévale que celle du paganisme, ( Snegourotchka, Mlada ) à travers ces témoins privilégiés que furent Gogol ( la Nuit de Mai, la Nuit de Noël ) et Pouchkine. Et à l'occasion, Rimsky fut, tout comme Wagner, son propre librettiste. Et c'est vers Pouchkine qu'il se tourne en 1899, à l'occasion du centenaire de sa naissance pour réaliser un chef-d'oeuvre d'humour et de fantaisie : le Conte du Tsar saltan.
(Alexandre Pouchkine)
|
| Rimsky-Korsakov |
![]() |
| © 2010 août 2007 |