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RACINES CHRÉTIENNES OU CIVILISATION CHRÉTIENNE ? Et comme malgré tout, même isolé dans un village au cœur de la campagne, il est presque impossible de ne pas entendre les voix discordantes des sirènes de « l'actualité », ne retenons de toutes ces désinformations et ces débats stériles que ce qui peut faire sens et éclairer le cheminement d'une pensée et d'une œuvre.
La Vieille croix, lavis à l'encre sepia Sommes-nous même encore des hommes ? L'homme qui renonce à se tenir debout pour unir le Ciel et la Terre, est-il encore un homme ? On peut se le demander quand on voit le surfacialisme affligeant et les préoccupations infantiles d'une civilisation bien au contraire complètement déracinée... Et même, ici, peut-on encore parler de civilisation ? Les Romains opposaient leur civilisation à celle des Barbares. Mais encore les Barbares avaient-ils des Dieux et un profond sentiment de l'enchantement du monde ! Les hommes d'aujourd'hui ne sont même plus des Barbares et leur civilisation ne se définit que par la fuite en avant et la négation du passé : autant dire par un pur néant…
Chrétien parce que baptisé dans la religion catholique.
Le Communiant, encre et acrylique Je pourrais aussi m'interroger sur les racines chrétiennes de mon art et là aussi, même si j'ai rarement peint des sujets directement tirés de l'Ancien ou du Nouveau Testament, la réponse est évidente : ma peinture est nettement chrétienne aussi bien par sa thématique que par la manière dont elle intègre les traditions païennes ou orientales. Et je serais même enclin à revendiquer une sensualité spécifiquement catholique qui a donné à la sexualité tout son sel, quand aujourd'hui le sexe n'est plus qu'un sport hygiénique et démocratiquement circonscrit. « Le sexe tel qu'il s'étale depuis la prétendue révolution sexuelle d'il y a 40 ans a tué les plaisirs de la chair. La vieille libido voluptatis s'est réfugiée d'une part dans l'exhibitionnisme mécanique (…) et d'autre part, dans le harcèlement judiciaire, dans cette libido accusandi et cette libido judicandi dont les mêmes médias ont aussi le plus pressant besoin pour remplir jour après jour le gouffre qu'ils sont. S'exhiber et punir... L'ordre de s'épanouir sexuellement et de le montrer, c'est-à-dire de sortir aussitôt du sexuel car tout ce qui est montré, défini, encadré, cesse à l'instant d'être sexuel, progresse au même rythme que la criminalisation du sexe qui est d'abord la criminalisation de la différence des sexes. Plus le sexuel se veut libéré, plus il suscite des lois pour réprimer sa bête noire, qui n'est pas le sexe mais la dualité sans laquelle le sexe n'est rien. » (Philippe Muray, Un soir dans un taxi, une main d'homme sur une cuisse de femme.) N'en déplaise à Michel Onfray, ce n'est pas le christianisme, c'est l'athéisme pénalophile qui a tué le libertin. On sera peut-être étonné que, chrétien, je prenne la défense du libertin. C'est que les péchés du libertin appartiennent à la sphère privée et n'engagent que lui : nul ne peut savoir si au bout du compte, il sera pardonné ou s'il sera damné… D'autant que l'histoire abonde en exemples de grands pêcheurs devenus de grands saints ! Le libertin ne met en cause que le salut de sa propre âme, quand les manipulations d'embryons récemment autorisées par le Sénat, vouent au chaos, à la souffrance, à l'errance et à la mort spirituelle une société tout entière… Et ce au nom d'une conception délirante et totalitaire de la vie qui ne recule devant aucune acrobatie sémantique (cf... le concept ubuesque d'infertilité sociale !!!) A l'opposé de tout cela, comme j'aime évoquer la femme et l'amour, en y mêlant toujours des sentiments que, depuis le Banquet de Platon, les chrétiens ont développés avec génie à travers l'amour courtois ! Oui, mon âme est chrétienne, et cette jeune fille en fleur qui se tient entre le crâne d'Adam et le calice de la Rédemption, résume à elle seule l'orientation de mon art… MERCREDI 13 AVRIL 2011
La Foi ou la Beauté triomphante, huile sur bois.
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