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IVRESSE DE PRINTEMPS
Fleurs quintes des pommiers sur champ de sinople en grappes blanches et roses ; herbe profuse, couleur infuse, tisane vernale.

Horch ! Ein Vogel singt im Baum, s'écrie le ténor du Chant de la Terre. Der Vogel zwishert : Ja der lenz ist da, sei kommen über Nacht.
Ce printemps gelé s'est soudain ouvert. Printemps tardif. Le meilleur.
Ici, si loin et si près de Paris, à l'écart de quelques minutes d'arc et deux degrés de chaleur.

(Les Premières fleurs, huile sur bois)
Et je m'étonne... Avec quel entêtement le printemps renouvelle son blason à chaque retour du soleil en son exaltation ! Avec quelle ardente ivresse il recommence son universel coloriage ! Avec quelle passion sauvage, il réitère depuis tant de retours et de refrains, cette pangénésie... Ai-je, moi le peintre, co-créateur de l'univers, autant de persévérance, autant de récurrentes forces à ensemencer le champ de mon âme ? Ou n'ai-je encore une fois qu'une désespérante envie de pleurer tel un Satan ivre sur la beauté du monde ?

(L'Amandier en fleur, huile sur panneau toilé)
L'oiseau chante. Un rouge-gorge. Du matin au soir.
Allongé sur la table, le chat étend sa patte droite et relève le torse, les yeux clignés, épiphanie de l'éveil au cœur du sommeil.
Le parfum du muguet et celui du lilas s'unissent au sein d'un bouquet.
Deux yeux noirs scintillent au-dessus d'un sourire. Joyaux obscurs de lumière. Oxymore rayonnant.
Schönheit...
Une mélodie réinventée du fond des âges s'installe dans ma mémoire pour évoquer la douce folie des amants du temps jadis et avec elle le souvenir d'un instant exquis déjà envolé...
(mai 2008)


(La Robe de printemps, tableau virtuel)
« Ce premier jour de May, Hélène, je vous jure Par Castor, par Pollux, vos deux frères jumeaux, Par la vigne enlassee à l'entour des ormeaux, Par les prez, par les bois herissez de verdure, Par le Printemps sacré, fils aisné de Nature, Par le sablon qui roule au giron des ruisseaux, Par tous les rossignols, merveille des oiseaux, Qu'autre part je ne veux chercher autre avanture. Vous seule me plaisez : j'ay par élection, Et non à la volee aimé votre jeunesse : Aussi je prins en gré toute ma passion Je suis de ma fortune autheur, je le confesse : La vertu m'a conduit en telle affection : Si la vertu me trompe, adieu belle Maistresse. »
(Ronsard, Sonets pour Hélène.)

(La Robe de printemps, aquarelle)

LA NUIT DE MAI

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