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Beauté du geste, d'un sourire, splendeur immanente.
(Le Pré aux moutons, version à l'aquarelle) Beauté de l'instant et du vent.
(La Vallée de l'Epte, huile sur bois) La rencontre avec la Beauté est toujours foudroyante. Elle, parfois si éphémère, parle toujours de l'Eternité. Elle porte en elle la signature de la Source. Elle rend témoignage de la Vérité. Elle nomme le désir du retour, évoque la sortie de la Caverne et dénoue les liens qui nous enchaînent. Elle est promesse de cette eau qui désaltère l'âme et apaise le corps. Et son regard allume dans la nuit du voyage l'espoir du jardin reconquis.
(Vajra, acrylique sur papier) L'art est la nourriture de l'âme. Et l'âme se nourrit de beauté. Parce que la beauté, par l'harmonie qui la génère, éveille le souvenir de ce temps où l'âme se connaissait elle-mêmes dans la satisfaction de son amour ; ce temps où rien ne la séparait de l'objet de ses désirs. Aucune distance entre la nature et l'homme, entre l'homme et la femme, entre la créature et Dieu. De ce point de vue l'art de la peinture est postlapsaire. L'humanité originelle n'avait nul besoin de peindre le monde ; et lorsque le chasseur, un jour, trace sur la paroi d'une grotte l'image de l'animal totem, c'est un acte magique par lequel il rejoint l'identité secrète de la bête et s'approprie son mana. Peindre c'est abolir la distance qui nous sépare des êtres et des choses, les réintégrer dans son cœur pour donner à voir aux autres regards ce qu'elles ont d'essentiel et d'éternel. C'est dans ce hiatus, entre la conscience de la séparation et l'élan vers l'unification, que se déploie le champ de la peinture. L'œil de l'artiste choisit parmi les objets du monde ceux qui éveillent en lui l'écho profond de cette harmonie que la main de l'artisan façonnera par la ligne et la couleur.
(Le chignon, aquarelle) Delacroix écrit dans son journal : « Dans la peinture, il s'établit comme un pont mystérieux entre l'âme des personnages et celle du spectateur. (...) L'art du peintre est d'autant plus intime au cœur de l'homme qu'il paraît plus matériel ; car chez lui, comme dans la nature extérieure, la part est faite franchement à ce qui est fini et à ce qui est infini, c'est-à-dire à ce que l'âme trouve ce qui la remue intérieurement dans les objets qui ne frappent que les sens. »
(Le Paréo bleu, huile sur carton toilé) « Si la beauté se perd, fais-en part de bonne heure, (Ronsard)
(L'Impératrice, crayon sur papier) "Dans la beauté des créatures, nous n'aimons jamais que Dieu. La femme est sans doute le plus haut type de beauté terrestre. La contemplation de Dieu dans la femme est la plus parfaite." (Ibn Arabi)
(Vierge à l'Enfant, acrylique sur bois) Étonnée, le modèle favori du peintre s'interroge sur les raisons de son élection.
Et lui de répondre : « Pourquoi je vous peins ? Parce que je vous aime. Parce que dès avant votre naissance je vous espérais, lorsque mes crayons déjà vous dessinaient. Et lorsque mes pinceaux ont cerné votre présence, je vous ai reconnue. Et lorsqu'inlassablement, je reviens à votre image, j'efface un moment la distance qui nous sépare en présentifiant votre souvenir. »
« Car la vraie voie de l'amour, déclare Diotime dans le Banquet, qu'on s'y engage de soi-même ou qu'on s'y laisse conduire, c'est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle en passant comme par échelons d'un beau corps à deux, puis de deux à tous, puis des beaux corps aux belles actions puis des belles actions aux belles sciences (...) pour connaître enfin le beau tel qu'il est en soi. »
(Le Hasard et la Nécessité, tableau virtuel) Ainsi chaque objet rencontré, devient signe et symbole.
Au cœur du bois, une jeune fille ramasse une petite plume d'oiseau sauvage. Avec grâce, elle la tourne dans sa main. N'est-ce pas la plume de Maât, la déesse qui dans l'ancienne Égypte présidait à l'ordre et à l'harmonie du cosmos ? Délicate plume qui sauve nos cœurs au jour du jugement. D'un côté de la balance, il y avait le poids de nos errances, la pesanteur de notre passé, la pression des nœuds émotionnels qui bloquent la circulation et la spiration de l'esprit et sur l'autre plateau, Maât déposait cette petite plume légère et pourtant si forte qu'elle incline aussitôt de son côté le fléau. Ainsi la divine harmonie intègre toutes nos opacités.
Avec cette petite plume l'homme écrit et dessine et sauve son âme.
Petite plume, petite flamme au cœur de la nuit. « Mais, maintenant, le plus difficile dans la coloration, l'idéal, en quelque sorte, le point culminant du coloris c'est l'incarnat, le ton de couleur de la chair humaine, qui réunit en soi, d'une façon merveilleuse, les autres couleurs sans qu'aucune ressorte d'une manière indépendante. La fraîche rougeur des joues qui caractérise la jeunesse et la santé est, à la vérité, un pur carmin, sans un seul point tirant sur le bleu, le violet ou le jaune. Mais ce rouge n'est lui-même qu'une efflorescence ou plutôt une lueur, qui paraît sortir de l'intérieur et se perd insensiblement dans la couleur générale de la chair, tandis que celle-ci est une fusion idéale de toutes les couleurs principales. (...) Ce qui s'en rapproche le plus, c'est le jeu des couleurs dans les grappes transparentes du raisin et les admirables nuances de la rose, si tendre et qui ont aussi leur transparence. »
(La Plume de Maât, (détail) huile sur bois) « Douce beauté à qui je dois la vie (Ronsard)
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| © 2012 août 2007 |
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