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ALICE AU PAYS VIRTUEL QUELQUES REMARQUES AU SUJET DES IMAGES EN 3D (Ou du bon usage de l'ordinateur en art...) Certains s'étonneront peut-être de voir se mêler dans ces galeries, images peintes à la main et images virtuelles réalisées sur ordinateur. Celui qui aime le beau métier, s'offusque de l'utilisation de la technologie numérique pour créer des images. Lorsque l'ordinateur calcule les ombres, les lumières et les perspectives, on s'écrie : « mais alors, c'est facile ! » Pourtant les logiciels 3D sont d'un maniement complexe et l'idée d'une composition ou d'un sujet et sa mise en œuvre sur un PC ne sont pas si faciles...
Souvent lorsqu'on propose à un élève d'utiliser un calque pour préparer le dessin, on entend cette réflexion : « mais c'est facile avec un calque ». Sous-entendu : si j'étais un grand artiste, je n'aurais pas besoin de calque. Cet élève ignore -- comme beaucoup -- que le calque a justement été inventé très tôt dans l'histoire de la peinture que les plus grands artistes s'en sont toujours largement servis. Songeons à Ingres -- un des plus grands dessinateurs de l'histoire -- qui calquait à tour de bras des modèles dans les journaux de mode de son temps ou les albums d'histoire antique. Je pourrais multiplier les exemples. Revenons à notre élève. Dans ce cas, il suffit de prendre le calque et de le mettre entre ses mains : « facile, dites-vous ? » Et l'élève, souvent incapable de repérer les lignes essentielles de l'image à reproduire, réalise un calque inutilisable. Il faut alors lui montrer comment traduire les volumes en ligne sur le calque. Alors seulement l'apprenti comprend qu'il faut maîtriser le dessin pour se servir d'un calque. On reporte le dessin sur la toile et -- oh surprise ! -- il découvre que ce n'est pas pas évident non plus de peindre un dessin décalqué. Décidément le calque, ce n'est pas aussi facile qu'on imagine...
Facile ? Mais où diable avez-vous pris l'idée que l'art pour mériter ce beau nom devrait être quelque chose de difficile ? Quel affreux sadomasochisme se tient embusqué derrière ce reproche ? Que l'apprentissage d'une technique soit parfois difficile, qui songerait à le nier ? Bien que le meilleur moyen d'apprendre soit toujours de tourner la difficulté en plaisir. Mais l'art ce n'est pas un apprentissage, c'est bien autre chose : c'est un jeu. Le jeu par excellence. Et un jeu, c'est merveilleusement facile et plaisant. Il est des peintres qui peinent pendant des années pour accoucher d'une pâle croûte quand d'autres, le temps esbaudi d'un geste vif, vous torchent un chef-d'œuvre absolu. L'inverse est aussi vrai : la croûte minute et le chef-d'œuvre jamais achevé... La notion de facilité ou de difficulté n'a guère de signification en art. Disons que c'est peut-être difficile d'atteindre la facilité, ce que montre bien l'exemple du calque. « Certain renard Gascon, d'autres disent Normand, Tous les moyens sont bons pour celui qui a une vision. À toutes les époques et sous tous les cieux, les artistes ont réalisé et continueront à réaliser des œuvres ; que ce soit avec leurs doigts, une plume d'oie, un pinceau, un ciseau, un bout de ficelle, une machine à écrire, un ordinateur, une flûte en roseau, un piano, un synthétiseur, une caméra ou je ne sais quel outil que l'ingéniosité de l'homme inventera encore. Les outils peuvent changer, mais le regard est éternel. Et l'outil s'adapte toujours à la main de l'artiste -- de la simple plume d'oie à la palette graphique -- tout simplement parce que c'est l'homme qui fait l'outil : c'est lui qui l'invente et l'utilise. Ne posons point de limites arbitraires aux talents et au génie de l'homme. Nous sommes nés de l'Infini et notre vocation est de nous ouvrir à l'infinie variété des joies de la Création et d'être éternellement créateur de notre réalité et de notre bonheur. Il n'y a pas et il ne saurait y avoir de limites à cet élan. Laissons Alice, avec grâce et un peu de malice, jouer avec les merveilles de la Possibilité Universelle...
(Alice au pays des merveilles, tableau virtuel)
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| © 2012 août 2007 |
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